Albuquerque International Balloon Fiesta

Pyramides de l’Egypte ancienne, Châteaux du Moyen-âge aux allures de « Playmobil », skyline de New York, Tour Eiffel, bateau pirate ou volcan en éruption, étonnantes attractions destinées à attirer le touriste vers les tapis verts et les machines à sous.

Albuquerque International Balloon Fiesta

Messagepar Amerigo » 10 Oct 2015, 14:47

Comme chaque année depuis 1972, l'Albuquerque International Balloon Fiesta se déroule au coeur du Nouveau Mexique, à proximité de la plus grande ville de cet état du Sud-ouest américain.

L'édition 2015 a débuté le 3 octobre et s'achèvera demain dimanche 11 octobre.

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Re: Albuquerque International Balloon Fiesta

Messagepar Amerigo » 10 Oct 2015, 14:57

Pour en savoir un peu plus sur cette impressionnante activité aérienne, voici un article écrit pour USA-Decouverte par mon amie Françoise Noël, grande voyageuse (spécialiste de l'Argentine) et passionnée d'aérostation.


Montgolfieres - Ces Merveilleux Fous Volants...

Lorsque le 4 juin 1783 les frères Montgolfier, papetiers à Annonay, découvrirent que l'air chaud pouvait soulever un globe de toile renforcée de papier, toute la France se passionna pour les machines volantes. Le 19 septembre, à Versailles, devant la famille royale, s'élève un ballon de mille quatre cents mètres cubes. Dans la nacelle, un coq, un canard, un mouton, devaient prouver que l'air des altitudes inviolées était respirable; ils furent ainsi les premiers-aéronautes.

Le 21 novembre, à Versailles, Pilâtre de Rozier et le Marquis d'Arlandes, très démocratiquement armés de fourches pour alimenter leur foyer de paille, embarquèrent pour un vol de dix kilomètres et de vingt cinq minutes.

Le ballon à air chaud allait être abandonné pendant plus d'un siècle, le carburant idéal restant un mystère.

Vers 1950, l'US Navy fit des expériences sur les "plus légers que l'air": le propane liquide s'avéra être le carburant le plus adapté, le nylon moderne remplaça le papier et la soie. Aucune merveille technologique, cependant, n'a encore pu supplanter l'osier des nacelles dont la souplesse et la résistance font merveille à l'atterissage.

Les curieux des années soixante dix testèrent tous ces nouveaux procédés et leurs expériences aboutirent à une manière de voler presque totalement sure, refaisant, toute modestie gardée, le chemin de leurs grands ainés.

Mais si la météorologie, de plus en plus performante grâce aux satellites, permet d'améliorer les possibilités de vol, la navigation dans un plus léger que l'air soumis aux caprices d'Eole, reste le contraire d'une science exacte.


ILE DE FRANCE A LA POINTE DE L'AUBE, SUR LE TERRAIN, pilote et assistants s'affairent. On fait rouler la nacelle d'osier sur l'herbe, on étale la toile multicolore sur le pré couvert de rosée, dans le sens du vent. Les câbles d'acier sont attachés au brûleur. Tandis que le ventilateur d'air froid donne toute sa puissance à la bouche du ballon, un assistant colle les velcros du parachute au sommet de l'appareil, sur la couronne où l'on déploie la grande corde qui servira, si nécessaire, à ralentir la montée.

Le pilote, accroupi devant le brûleur, allume la veilleuse. Quand le ballon est suffisamment ventilé, il donne de longs coups de gaz enflammé pour réchauffer l'air. L'enveloppe s'ébroue, frémit, sa fine toile se tend. Nacelle et ballon se mettent en position verticale.

"Passagers à bord" !
On saute dans le panier, on s'empresse de trouver sa place parmi les cordes, les cartes, les instruments et les bouteilles de gaz.

Dernières vérifications pendant que l'équipage s'affaire en tenant la nacelle. Lorsque retentit le "lâchez tout!" c'est le moment de vérité.

On est alors tout surpris de sentir qu'on s'élève doucement, puis au dessus des arbres, le ballon prend le vent dominant d'altitude à laquelle le pilote l'a conduit ; grâce à des coups de brûleur, on garde le cap en réchauffant l'air. Les premières minutes, le souffle puissant de la flamme perturbe un peu la contemplation, mais très vite la sensation de bien être est totale.

Le vocabulaire de l'aéronaute est assez fruste : on monte, on descend, ça ira à gauche ou à droite, une corde se nomme une corde, et un chat, un chat. Il n'y a ni mot tabou, ni plaquage de mots techniques sur des choses simples. Certains mots reviennent cependant souvent :

La "crasse" est un vilain nuage à cause duquel on va devoir remettre ou annuler le vol, à la discrétion du pilote, qui est le seul maître après Dieu (et encore...)

La nacelle est le panier d'osier renforcé, capable d'encaisser des chocs d'une certaine violence. N'y entrer ou n'en sortir que sur autorisation du pilote.

Le "parachute" ou soupape, est une valve mobile, tout en haut du ballon ; le pilote l'actionne au moyen d'une corde, invariablement rouge, (on ne touche pas...).

Le terme de terrain d'atterissage est quant à lui une complète fiction au décollage, mais peut se préciser au fur et à mesure du déroulement du vol ; parfois plus tôt et plus vite que l'on ne l'aurait souhaité.

Mentionnons aussi le terme de "femme de pilote", forme moderne de la sainte, qui se lève tôt, très tôt, sait porter des nacelles, conduire dans les champs sans s'embourber, lire une carte, se repérer en terra incognita, et ...garder le sourire. A ménager.


POURQUOI VOLE-T-ON ? Pour rien, pour le plaisir. Cela coûte de l'argent, et des efforts, mais ça ne sert à rien.
Vingt huit pays possèdent des montgolfières. La France avec six cent cinquante ballons et plus de mille pilotes maintient fièrement la tradition.

On peut voler partout dans le monde, partout où la météo et la règlementation le permettent. Le grand rendez-vous mondial a lieu depuis 1972, la première semaine d'octobre à Albuquerque (New Mexico, USA), berceau de l'aérostation et ville d'origine des pilotes qui,les premiers, traversèrent l'Atlantique dans l'espace restreint d'une nacelle d'osier. Albuquerque est la Mecque des ballons : de cinq cents à mille pilotes se donnent rendez-vous chaque année au pied des Sandia Mountain, aux marges du désert.

(à suivre)
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Re: Albuquerque International Balloon Fiesta

Messagepar Amerigo » 10 Oct 2015, 15:05

Quelques magnifiques images, toutes fraîches, de cette édition 2015 en cours.

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Re: Albuquerque International Balloon Fiesta

Messagepar Amerigo » 10 Oct 2015, 15:17

Et tout aussi beaux, deux timelapses pour rêver un peu :



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Re: Albuquerque International Balloon Fiesta

Messagepar Periple » 11 Oct 2015, 10:40

Texte plein d'humour. Sympa. 8-)
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Re: Albuquerque International Balloon Fiesta

Messagepar Amerigo » 18 Oct 2015, 09:51

Montgolfieres
Ces Merveilleux Fous Volants... (Suite)

Retour à Albuquerque, Nouveau Mexique.

Au milieu de la semaine a lieu le Night Glow : au coucher du soleil, les ballons sont rassemblés au sol sur le terrain de décollage, les places étant attribuées par les couleurs. Chaque pilote reçoit par la radio l'ordre d'allumer son brûleur et, dans le fracas des souffles de gaz, s'allument successivement les jaunes, les bleus, les rouges, vision irréelle sur le ciel bleu sombre du désert. Une symphonie chromatique dans un martèlement qui soulève la poussière jusqu'à hauteur des brûleurs. D'une seule voix, le public américain, prompt à l'enthousiasme, accompagne l'envol final qui embrase la nuit : " Five, Four, Three, Two... Burn".

Le vol en ballon est peut être le plus proche du rêve d'Icare : à la fois débarrassé de l'ancrage terrien de la pesanteur, on évolue, hors de toute volonté comme une bulle de savon dans le vent. Sous les pieds, l'osier de la nacelle semble être le sol d'un balcon itinérant devant lequel défile le paysage. Et l'on s'émerveille comme des enfants de voir la terre et ses ondulations, de sentir le parfum si proche des fleurs, des céréales, de surprendre les oiseaux au nid, bec grand ouvert, en attendant que l'immense ombre que l'on projette débusque lièvres et daims.

On peut voler au ras du sol comme très haut dans le ciel. Les jours gris, une fois traversée la couche nuageuse, on atteint le ciel pur. Sur un lit cotonneux et rigide, l'ombre projetée sur les nuages est entourée d'un halo irisé.

Suivant la consommation de gaz, liée notamment à la température extérieure et au poids embarqué, il peut être temps d'atterrir. Le pilote repère un endroit dégagé, sans clôture ni fils électriques et se pose en douceur sur la largeur de la nacelle. Le ballon est ensuite affalé dans le sens du vent, brassé pour le vider et roulé dans son enveloppe. Le premier vol se termine par un verre de champagne pendant la remise du certificat signé par le pilote que les dames, selon la tradition française, doivent embrasser.

Souvent un pilote contracte une étrange maladie : la compétitionite, caractérisée par une irréprésible envie d'être le premier partout. il s'inscrit avec son équipage dans les concours locaux pour gagner des points et être sélectionné pour les championnats de France, puis d'Europe, puis du Monde. Il faut disposer d'une parfaite disponibilité, difficilement compatible avec l'exercice d'une profession classique, mais les passions n'ont pas de prix.

Les épreuves consistent en des concours de précision, avec jet de marqueur. Le "retour au bercail", la "course au renard", le "point choisi par le pilote", la "Gordon Bennett", exigent que le pilote soit bon météorologue, fin navigateur et dispose d'une grande expérience pour avoir acquis l'instinct qui lui permettra de tout parier sur une décision ( choix du poids embarqué, décision d'altitude de vol etc.)

La chance dont on parle beaucoup à la fin du championnat dissimule tout un savoir faire qui ne s'acquiert que par des centaines d'heures de vol dans toutes les conditions.

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Re: Albuquerque International Balloon Fiesta

Messagepar Zenith » 18 Oct 2015, 17:02

Ca ça me plait de folie. :D
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Re: Albuquerque International Balloon Fiesta

Messagepar Amerigo » 13 Mai 2016, 15:15

Ce n'est pas Albuquerque, mais l'image était trop belle pour que je la laisse passer...

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