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Le fonds natif
De vieux airs d'origine indienne - airs de chasse surtout - peuvent encore s'entendre dans les réserves, dans les musées consacrés à la culture indienne, ainsi que lors des nombreux pow-wow, plus ou moins importants, organisés chaque année à divers endroits du pays.
Mais ce fonds, «noyé» dans les multiples et volumineux apports exogènes, ne contribue que pour une part infime à cette résultante complexe qu'on a coutûme d'appeler le folklore américain. Les thèmes en sont la pluie, la guerre, la fertilité.
L'apport européen
Au cours des siècles, les immigrants débarquèrent naturellement avec leurs chansons. Comme chaque nationalité eut un point de chute préférentiel, la prédominance de tel on tel folklore varie suivant les régions.
Les chants des colons britanniques échoient dans la nouvelle-Angleterre.
Les descendants des Français d'Acadie se fixent en Louisiane.
Le long des côtes atlantiques, les pêcheurs se font l'écho des marins portugais.
Le choral luthérien penètre dans les plaines de Pennsylvanie avec la colonie allemande.
A un degré moindre toutefois que dans l'Amérique du Centre et du Sud, la note espagnole vibre en Californie et au Nouveau -Mexique.
Dans certains centres industriels se perçoivent aussi des traces plus diluées de musiques italienne, hongroise et nordique.
Parfois un nouveau caractère naît de certains mélanges: c'est le cas du chant créole, véritable mixture franco-hispano-africaine.
Mais tous ces composants pèsent peu, comparés à l'apport des Noirs, capital et décisif, lourd de conséquences imprévues.
L'apport Africain
On s’accorde à reconnaître que les Noirs eurent de tout temps une profonde culture du rythme, lequel règne en maître sur les danses et les chants. Cette inclinaison rythmique se concrétise en battements de mains, frappements de pieds, et par le truchement d'une multitude d'instruments à percussion.
Lorsqu'a la fin du 18eme siècle, les Noirs furent amenés comme esclaves, principalement dans les Terres du Mississipi.
Ce sens inné du rythme rencontra divers éléments, qu'elle féconda, «digéra» d'une façon toute personnelle, les restituant transformés, revitalisés:
Les missionnaires protestants, en évangélisant les esclaves noirs, leur apprirent des cantiques. La foi neuve, naïve et ardente des convertis ne leur sembla pas incompatible avec leur amour du rythme. De cette étrange union naquirent les spirituals.
Les chants de plantation étaient non seulement autorisés mais encouragés par les Blancs, pour une double raison: ils stimulaient le travail et étouffaient toute pensée de révolte. Avec un rythme alangui qui vibrait à l'unisson de leur douleur, les Noirs y firent passer l'écho de leurs terribles souffrances, morales et physiques. Ainsi sont nées ces ballades de tristesse qu'on a appelées Blues.






