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Les Américanistes
Non que les artistes de cette categorie n'aient jamais conçu dans le sillage europeen. Mais ils se détachent de la tutelle européenne pour voguer librement.
Charles Ives (1874-1957) apparaît comme le précurseur. S'il ne dédaigna pas toujours l'element folklorique, s'il sacrifia parfois à l'esthetique debussyste, il dépassa résolument cette attitude dans la dernière partie de sa carriere (Concord Sonata).
De même Roy Harris (1898-1979) qui, s'il écrivit certaines de ses oeuvres à partir de mélodies populaires (Folls Fantasy for Festivals) se fait bientôt une conception plus élevée du nationalisme en délaissant la lettre pour l'esprit (ainsi sa Symphonie n° 5 s'inspire d'un discours de Lincoln)
En dépit de tentatives exercées dans des directions divergentes dornnant à l'ensemble de sa production une ligne assez brisée, Aaron Copland (1900-1990) parvient à l'américanisme dans ses pages les plus marquantes (telle sa Symphonie n° 3); l'ambiance agitée des grands centres industriels, qui paradoxalement crée chez l'homme un climat de solitude, se reflète souvent dans sa musique violente (El Salon Mexico).
Certains pensent acquérir l'indépendance en repoussant les structures désuètes et l'ecriture traditionnelle, par l'adhésion au sérialisme ou à l'expérimentalisme. Certes l’un et l'autre sont nés en Europe, mais ils les interprètent d'une façon suffisamment particulière pour qu'une personnalité autonome puisse s'en dégager.
C'est le cas par exemple de John Cage (1912-1992) et de son élève Earle Brown, renommés pour leurs recherches de nouvelles sources sonores; avant-gardiste de la première heure, entre autres trouvailles ils «préparent » le piano en disposant contre les cordes divers objets qui en modifient la sonorité, ou superposent la musique électro-acoustique à la musique instrumentale.
Autres influences
Cette chasse à l'originalité peut entraîner des excés plus ou moins etonnants!
Dixon Cowell (1897-1965) préconise les «notes agglomérées» au piano (tout l'avant-bras sur le clavier).
Pour un ballet, George Antheil (1900-1959) emploie trompes d'auto, enclumes, scies circulaires et helice d'avion…
II serait injuste de ne pas mentionner les auteurs de musique dite légère (opérettes, films) qui a bénéficié, jusqu’au milieu du 20e siècle de la grande faveur du public : Grofé (Grand Canyon), Irving Berlin (Annie get your Gun), Gould (Concerto pour Tap Dancer), Youmans (No, no, Nanette), Cole Porter (Kiss me Kate), Leonard Bernstein aux talents multiples, auteur fécond de symphonies et de comédies musicales (West Side Story), Loewe (My fair Lady); sans oublier Sousa, auteur de tant de marches célèbres (El Capitan, Washington Post, Stars and Stripes forever).
Reste enfin la question majeure des compositeurs étrangers qui ont accompli tout ou partie de leur carrière aux Etats-Unis.
On aurait tort d'invoquer uniquement la raison «commerciale» à leur sujet. En dehors de circonstances fortuites, beaucoup ont été amenés à rechercher auprés d'un public neuf et trés ouvert, la compréhension que celui du Vieux Continent leur refusait:
Le Tchèque Anton Dvorak, directeur du Conservatoire de New York pendant trois ans (Symphonie du NouveauMonde);
L'Autrichien Schönberg, père de l'atonalisme.
Le Suisse E. Bloch, qui dirigea les Conservatoires de Cleveland et de San Francisco (Symphonia America).
Le Hongrois Bela Bartok qui, mourut assez misérablement à New York.
Le Russe Igor Stravinsky, (Symphonie de psaumes commandée par l'Orchestre de Boston, Ebony, concerto pour un orchestre de jazz, etc).
Le Français Edgar Varèse (1883-1965), dont les recherches audacieuses et les oeuvres prophétiques furent longues à s'imposer, se fixa aux USA en 1916.
L'Italien Menotti qui régna dans le domaine de l'opéra (Le Medium, Le Consul)…
L'action de maints d'entre eux, Stravinsky en tête, fut déterminante.






