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Discours de l'état de  l’Union par Barak Obama

Commentaires et explications

Par André Girod 

 

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Dans son dernier discours sur l’état de l’Union ( State of the Union Address), Barack Obama n’a pas failli à la tradition établie par Georges Washington le 8 janvier 1790 : donner un discours sur l’état de la Nation et expliquer son programme à venir pour l’année.

 

C’est aussi l’occasion pour le président de faire, autre tradition américaine, une « pep talk », un discours d'encouragement en rappelant les grands principes de la démocratie américaine.

 

Je ne m’étendrai pas longtemps sur les détails de cette présentation de plus d’une heure, mais sur des points d’intérêts qui me touchent et confirment ce que j’ai écrit sur l’Amérique.

 

Je les choisis au hasard et je n’en cite que trois dans cet article.

 

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«  Sputnik moment »

C’est la première fois depuis longtemps qu’un Président fait allusion au terrible traumatisme causé par le passage du Sputnik soviétique au-dessus de l’Amérique. Nous nous retrouvons dans la même atmosphère qui a conduit le Congrès à voter le « National Defense Education Act » NDEA, qui avait fait venir des milliers de chercheurs aux Etats-Unis pour redresser le système éducatif et combler de nombreuses lacunes dans la préparation des jeunes. Nous avons les mêmes intonations patriotiques, un appel à tous qu’il y a danger et qu’il faut parer à toutes éventualités. Si c’était l’Union Soviétique en 1958, ce sont à présent la Chine et l’Inde. L’avance technologique, économique et commerciale qu’avaient les Etats-Unis, est en phase d’être dépassée, voire singulièrement écornée. Alors aux armes, Américains : innovation, efficacité, concentration, course vers le sommet ( race to the top), expression utilisée dans ce discours.

 

Il faut attirer les chercheurs et les GARDER, ne pas les renvoyer dans leurs pays pour qu’ils nous fassent concurrence. Voilà qui est bien dit  et très clair. L’Amérique va dépenser des sommes importantes pour réorganiser une fuite des cerveaux.

 

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«  Highest proportion of undergraduates in the world »

Cette partie du discours rejoint la précédente : il faut augmenter le nombre d’étudiants dans les « collèges » et «  universities ». C’est dans la même logique qui avait poussé Kennedy à déclarer que l’Amérique gagnerait la course à la lune. Cette fois-ci, c’est le monde de la technologie qu’il faut dominer,  la course aux nouvelles découvertes qui pourraient créer d’énormes pans de l’économie comme Internet l’a fait. Pour cela, il faut à nouveau mettre le paquet et l’Amérique va redevenir l’Eldorado des chercheurs, le rêve américain des laboratoires et des initiatives privées qui mèneront à la création de nouvelles entreprises. Discours fort qui va ouvrir les portes à une nouvelle vague d’immigration de jeunes audacieux, innovants, éduqués, qui se verront offrir des tapis rouges par les universités, les grands groupes de recherche. Retour à l’époque où je suis parti aux Etats-Unis. Occasion à saisir pour ceux qui veulent avancer dans leur domaine.

 

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«  I might not have money but I have an idea »

Ah que cela sent bon l’idéal de l’entreprise libre !

Un exemple avec ma propre expérience : capital de départ : $100. Mille actions à 10 cents chacune, pour créer une société (Corporation : AFAC Inc.) dans l’état de l’Illinois  mais une idée qu’il fallait expérimenter : «  la classe franco-américaine » 1977.

Trois ans plus tard 1980, chiffre d’affaire, $ 500 000, quatre employés.

Trois ans plus tard 1983, chiffre d’affaire, $ 1, 5 million, sept employés.

Trois ans plus tard 1986, chiffre d’affaire, $ 4 millions, 10 employés plein temps et 230 saisonniers.

 

Voilà avec du concret, ce que voulait exprimer Obama et il cite quelques cas dans son discours pour montrer que rien n’empêche qui que ce soit d’essayer de mettre en place une idée. Le but de cette longue diatribe n’est pas de reconnaître les multiples problèmes qui se posent dans son pays ( pauvreté, chômage, sécurité) mais de mettre le doigt sur ce qui a toujours aidé l’Amérique de sortir d’une crise : création d’entreprise, donc création d’emplois, de richesse et d’espoir. Un programme politique, économique et social est de mettre en valeur ce qui apporte des solutions concrètes à des difficultés. Il insiste sur la dérive de la «  gloire » et la propulsion en avant sur la scène médiatique de valeurs qui ne sont plus celles de l’Amérique. Il le dit haut et clair : «  mieux vaut vanter le mérite d’un innovateur dans son laboratoire que celui d'une vedette » . En un mot ce dont l’Amérique a besoin maintenant c’est  d'inventeurs de techniques qui contribueront au bien être des gens, plutôt que du cul de Lady Gaga mis à toutes les sauces !

 

Ce discours a la particularité de mettre le doigt où cela fait mal, d’avouer des vérités sans détour en parlant des impôts, des récompenses, des aides possibles et de placer la responsabilité non plus seulement sur le gouvernement mais sur les parents, les enseignants, les chefs d’entreprise et les ouvriers. Car c’est en développant une collaboration étroite entre les différents acteurs de l’Amérique que ce pays redeviendra puissant.  

André Girod

 

 
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