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C'est à cette époque que commença à triompher le «star system» qui explique la gloire de John Barrymore, Rudolph Valentino, Constance Talmadge, Richard Barthelmess, Pola Negri et Gloria Swanson qui devinrent rapidement de véritables «monstres sacrés».


C'est aussi dans les annees Vingt que fut crée à Hollywood l'office Hays, destiné à censurer les films qui offensaient les goûts et la morale publique.

Cet organisme vit assurément d'un trés bon oeil les premiers films bibliques de Cecil B. De Mille, The Ten Commandments (1923) et The King of Kings (1927). Ces deux réalisations laissant apparaitre les défauts majeurs de ce metteur en scéne: goût prononcé pour l'artifice et le style boursouflé, manque de profondeur, maîtrise parfaite du «grand spectacle» an sens péjoratif de l'expression.

Vers la fin de cette décennie, Hollywood commença à accueillir des metteurs en scène et des comédiens étrangers, dont la Suédoise Greta Garbo et le Suisse Emil Jannings, qui avait surtout tourné dans des films de Fritz Lang et qui remporta l’un des premiers Oscars, plus haute récompense décernée à un comédien par les Motion Picture Film Producers.

C'est également à cette époque que triomphait la comedie de type «arlequinade» avec Harry Langdon, Buster Keaton, Harold Lloyd, Stan Laurel et Oliver Hardy.

De son côté, Douglas Fairbanks devenait une idole en incarnant, dans de nombreux films d'aventures, les personnages de Robin des Bois, d'Artagnan et du voleur de Bagdad.



Des metteurs en scène étrangers

Des metteurs en scène étrangers dont Ernest Lubitsch, Eric von Stroheim et Josef von Sternberg introduisirent de nouvelles conceptions cinématographiques dans la production d'Hollywood. Lubitsch, récemment arrivé d'Allemagne, réalisa des comédies légères, satiriques et ironiques, mais tourna egalementForbidden Paradise (1924) où l'humour s'alliait à une grande intensité dramatique et

Lady Windernrere's Fan (1925), oeuvre d'une finesse et d'une délicatesse extrême, trés habilement mise en scéne.

Eric von Stroheim, emigré d'Autriche-Hongrie, commença comme comédien puis se lança dans la mise en scène tout en continuant à jouer des rôles de plus en plus importants. Avec Foolish Wives (1923), dont il était l'auteur, le réalisateur et l'interprète, Stroheim créait une véritable école réaliste américaine qui rejoignait en de nombreux points l'école allemande. Cette oeuvre crue, mélodramatique et outrancière représente l'un des films les plus marquants du cinema muet americain

Dans Greed (1924), des scènes d'une puissance extraordinaire se situent à la frontière du réalisme et de l'expressionnisme. C'est cependant pour compenser le déficit qu'avait valu à la Metro son film Greed que Stroheim accepta de tourner un film «commercial»: The Merry Widow (1925), qui remporta un grand succès.

Naissance du réalisme

Avant Stroheim, cependant, un courant réaliste existait aux Etats-Unis, representé par George L. Tucker et surtout Albert Capellani, Français emigré en 1915, dont le film le plus connu est sans doute The Inside of the Cup, adapté du roman de Winston Churchill. Ce fut Josef von Sternberg, compatriote et disciple de Stroheim, qui prit en quelque sorte la succession de Capellani. Il fut l'un des principaux initiateurs des films de «gangsters » avec Underworld (1927) et The Dragnet (1928), et lanca, dans des rôles de «méchants» gangsters des acteurs comme Edward G. Robinson et James Cagney. Etant surtout un technicien, Sternberg s'attacha plus particulièrement aux effets photographiques et aux mouvements de la caméra, ce qui donne à ses films une valeur artistique qui manquait parfois aux oeuvres de Stroheim.

Deux autres metteurs en scène étrangers vinrent enrichir le genre du film réaliste, il s'agit de Victor Seastrom et F.W. Murnau, passé maitre dans l'art de rendre le détail psychologique par des procédes purement cinématographiques.

 

L'apparition du documentaire

Un autre genre apparut à cette époque, celui du film documentaire dont l'initiateur et le maître est, sans conteste, Robert Flaherty. Nanook of the North (1922), premier documentaire romancé tourné dans un paysage exotique, est l'un des films les plus justement renommés du cinéma américain. Cette presentation authentique des faits et gestes d'une familled'Esquimaux produisit, avec Moana (1926), peinture heureuse de la vie des indigenes de Samoa, une véritable révolution dans les goûts du public. La carrière de Flaherty se poursuivit avec Tahou, documentaire romancé retraçant la vie des indigènes de Tahiti et Louisiana Story (1948), realisé aux frais de la Standard Oil de New Jersey, qui décrivait les consequences du forage de puits de pétrole sur le mode de vie des habitants des marais de Louisiane. L'exemple donné par Flaherty fut assez peu suivi si ce n'est par Van Dyke et, à partir de 1934 par FrankBuck.

 

 

 

 
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