wordpress stats
iconBrian Selznick
Un beau roman d’aventure et de mystère...
« Ne tournez pas la page trop vite ! Imaginez d'abord que vous êtes assis
dans le noir, comme au cinéma avant le début d’un film…….. »
Hugo Cabret est orphelin : son père, qui l’élevait, estmort dans l’incendie du
musée où il était employé comme horloger. Ses seuls compagnons sont un
automate trouvé dans les décombres du musée, sur lequel travaillait son
père, et son oncle, un poivrot qui l’héberge dans les combles de la gare. Un
jour, l’oncle disparaît. Hugo n’a d’autre solution que de se cacher et de poursuivre
le travail de l’oncle (régler les horloges) en priant pour qu’on ne le découvre
pas. Car il a un but : finir de réparer l’automate de son père. Hugo est
persuadé qu’une fois en état de marche, celui-ci lui délivrera un message
important. Pour cela, il dérobe chaque jour un jouet à un vieux vendeur, se
constituant ainsi une réserve de rouages, de ressorts... Seulement, unmatin,
le vieil homme le prend la main dans le sac : il lui confisque son carnet de
croquis, indispensable à la réparation de l’automate, et l’oblige à travailler
pour lui…
Un roman à l’écriture cinématographique, combinant superbes
crayonnés de l’auteur, dessins originaux de Méliès et extraits de ses
films. L’originalité : certains épisodes de l’histoire sont exclusivement
« racontés » par des séquences d’illustrations.
Brian Selznick a reçu en 2008 le prix Caldecott, le prix le plus prestigieux des
États-Unis, pour son premier roman The Invention of Hugo Cabret. Il habite
à Brooklyn, New York et San Diego, en Californie.
À partir de 9 ans
2010_cabret_310
L'Invention d'Hugo Cabret

Un beau roman d’aventure et de mystère...« Ne tournez pas la page trop vite ! Imaginez d'abord que vous êtes assisdans le noir, comme au cinéma avant le début d’un film…….. »
Hugo Cabret est orphelin : son père, qui l’élevait, est mort dans l’incendie du musée où il était employé comme horloger. Ses seuls compagnons sont un automate trouvé dans les décombres du musée, sur lequel travaillait sonpère, et son oncle, un poivrot qui l’héberge dans les combles de la gare. Un jour, l’oncle disparaît. Hugo n’a d’autre solution que de se cacher et de poursuivre le travail de l’oncle (régler les horloges) en priant pour qu’on ne le découvre pas. Car il a un but : finir de réparer l’automate de son père. Hugo est persuadé qu’une fois en état de marche, celui-ci lui délivrera un message important. Pour cela, il dérobe chaque jour un jouet à un vieux vendeur, se constituant ainsi une réserve de rouages, de ressorts... Seulement, un matin,le vieil homme le prend la main dans le sac : il lui confisque son carnet de croquis, indispensable à la réparation de l’automate, et l’oblige à travaillerpour lui…

Un roman à l’écriture cinématographique, combinant superbes crayonnés de l’auteur, dessins originaux de Méliès et extraits de sesfilms. L’originalité : certains épisodes de l’histoire sont exclusivement «racontés» par des séquences d’illustrations.

À partir de 9 ans - Bayard Presse

2010_selznick_3_370
© Brian Selznick - Éd. Bayard Jeunesse

 
Brian Selznick a reçu de
nombreux prix dont celui de la
meilleure illustration du New-
York Times. Deux de ses livres
ont été traduits en français, Le
meilleur des livres qu’il a illustré
(éd. Gallimard jeunesse) et
L’invention de Hugo Cabret
écrit et illustré par l’auteur (éd.
Bayard jeunesse).
Brian Selznick a reçu de nombreux prix dont celui de la meilleure illustration du New-York Times. Deux de ses livres ont été traduits en français, Le meilleur des livres qu’il a illustré (éd. Gallimard jeunesse) et L’invention de Hugo Cabret écrit et illustré par l’auteur (éd.Bayard jeunesse).
Brian Selznick a reçu en 2008 le prix Caldecott, le prix le plus prestigieux des États-Unis, pour son premier roman The Invention of Hugo Cabret. Il habite à Brooklyn, New York et San Diego, en Californie.

Dans le cadre de la Comédie du Livre à Montpellier,
L’invention de Hugo Cabret
Lecture théâtralisée et visuelle du roman graphique
de Brian Selznick et discussion avec l’auteur.
Auditorium du musée Fabre - Samedi 29 mai à 17h30 et
dimanche 30 mai à 15h
Exposition d’illustrations de Brian Selznick
Stand de la DDLL
L’invention de Hugo Cabret sera présenté sous forme de lecture théâtralisée et visuelle en présence de Brian Selznick. Auditorium du musée Fabre - Samedi 29 mai à 17h30 et dimanche 30 mai à 15h.  Exposition d’illustrations de Brian Selznick sur le Stand de la DDLL

selznick_3_310

Un extrait de l'Invention d'Hugo Cabret
Lu par Benoît de la Compagnie de l'Âtre à Montpellier
"L'histoire que je vais vous conter se déroule sous les toits de Paris en 1931 vous y  ferez la connaissance d'Hugo Cabret un garçon qui un jour découvrirt un mystérieux dessin; ce dessin allait changer à jamais le cours de sa vie. Ne tournez pas la page trop vite, imaginez d'abord que vous ètes assis dans le noir, comme au cinéma avant le début d'un film, sur l'écran le soleil se lèvera bientôt et un  zoom vous emmènera  à travers le ciel jusqu'à une gare située au coeur de la ville, vous franchirez les portes pour survoler le hall grouillant de monde et là parmi la foule, vous apercevrez un garçon qui se déplace dans la gare, suivez le bien car c'est Hugo Cabret la tête pleine de secrets il attend que l'histoire commence. De son perchoir derrière l'horloge, Hugo domine tout et observe, il caresse nerveusement le petit carnet qu'il a dans sa poche et s'encourage à la patience. Dans le kiosque à jouets le vieux se dispute avec la fille; elle a à peu près l'âge d'Hugo, il la voit souvent entrer dans la petite échoppe avec un livre sous le bras et disparaître derrière le comptoir. Le vieillard paraît agité aujourd'hui, s'est il aperçu qu'il lui manque des jouets, tant pis c'est trop tard, personne n'y peut rien, Hugo a besoin de ces jouets; le vieux et la fille se disputent un moment encore, enfin elle ferme son livre et part en courant".

Question.

Bryan, vous vous intéressez de près à la magie, pourquoi, qu'est ce que cet univers vous apporte ?

J'ai toujours aimé la magie mais en revanche je n'était pas très bon  magicien et j'essayais de faire toujours des tours de magie mais cela ne marchait jamais. Lorsque j'étais enfant j'ai appris l'existence du magicien Harry Houdini qui était un magicien américain qui a pris ce nom de Houdini  en souvenir du magicien français Houdin et j'ai appris que le magicien Houdini savait sortir de n'importe quelle entrave dans laquelle il se trouvait et cette idée m'a beaucoup séduit. Dans mon premier livre il s'agissait d'un garçon qui voulait ressembler à Houdini; je pense donc que mon amour de la magie a commencé avec Houdini.

Question.

Vous avez écrit et illustré de nombreux livres, celui-ci "L'Invention d'Hugo Cabret" a obtenu de nombreux prix dont celui de la meilleure illustration, qui vous a été décerné par le New York Times et votre livre surtout est en cours d'adaptation au cinéma par Martin Scorsese. Comment avez-vous fait ?

Oui c'est vrai. Cette adaptation sera donc son prochain film. Donc Scorsese étudie l'histoire cinématographique et le livre contient beaucoup de références au cinéma français. Donc lorsque j'ai commencé à écrire le livre, je ne savais pas grand chose du cinéma français mais pour faire le livre j'ai commencé à l'étudier, donc je pense que c'est absolument passionnant que Scorsese célèbre le cinéma français de la façon dont j'ai voulu le faire dans mon livre. C'est ainsi que son premier film pour enfant  est un film en 3D. C'est passionnant de savoir comment il va utiliser cette nouvelle technique du 3D pour raconter une histoire au cinéma. Donc l'un des films que j'ai regardé pour faire ce livre c'est un film de René Clair qui s'appelle "Sous lesToits de Paris"; René Clair était un directeur de films muets mais qui a été obligé de s'adapter à la nouvelle technique du film parlant et il a expérimenté le son d'une façon intéressante et je pense que  Scorsese va utiliser cette technique du 3D pour faire des expériences tout aussi intéressantes.

Question.

Votre livre est un hommage aussi  et surtout à Georges Méliès, pourquoi ?

Donc xxxx est basé sur la vie du grand cinéaste Georges Méliès dont j'ai vu  il y a très longtemps le film célèbre "Voyage dans la Lune" qui raconte l'histoire de la fusée qui voyage vers la lune et qui atterreri dans l'oeil de l'homme de la lune; depuis longtemps je voulais faire un livre qui s'inspirait de l'homme qui a fait ce film; j'ai donc fait des recherches sur la vie de Méliès et j'ai découvert qu'il vivait à Paris et qu'à la fin de sa vie il était désargenté, qu'il avait été obligé de travailler dans un kiosque à jouets dans la gare Montparnasse, où il  avait toute une série d'automates qui après sa mort ont été détruits; lorsque j'ai su ça j'imaginais un garçon qui fouillait les poubelles pour retrouver une de ces machines et c'est comme ça que l'histoire a commencé. C'est ainsi que les références au film de Méliès se trouvent tout au long du livre et que l'histoire du livre évolue autour des vraies histoires de la vie de Méliès.

Question.

Vous vous ètes baucoup documenté sur la vie de Georges Méliès pour écrire ce livre, comment vous ètes-vous documenté ?

J'ai lu autant de livres que possible sur la vie de Méliès et j'ai regardé autant de films de lui que j'ai pu; il en a fait à peu près cinq cents qui durent entre une et dix minutes et il y en a encore à peu près deux cents qui existent encore et récemment on a sorti un DVD, avec tous ses films, que j'ai regardé. Je suis venu à Paris trois fois lorsque je travaillais sur le livre et j'ai trouvé l'adresse exacte de son habitation à Montparnasse; donc quand Hugo se rend à la maison de Méliès c'est la vraie maison de Méliès.

Question.

Rue Jolivet à Paris, y-a-t-il une plaque commémorative indiquant la maison dans laquelle Georges Méliès à vécu ? non rien ?

L'orsque je suis allé dans un premier temps à Montparnasse, je voulais connaître le quartier où il avait vécu, mais Montparnasse est la seule gare ferroviaire à Paris qui a été détruite et de ce fait la gare Montparnasse qui est décrite a pris exemple sur d'autres gares et des photos que j'ai trouvées. Quand j'y suis allé dans un premier temps je ne connaissais pas son adresse,  je me suis posté à l'endroit où il y avait eu la gare et j'ai avancé dans la zone résidentielle. Je me suis promené jusqu'à ce que je tombe sur une maison qui avait l'air de ressembler à la maison qu'habitait Georges Méliès et je me suis arrêté pour prendre des photos. Coïncidence c'est que le lendemain je me rends dans une librairie où je trouve un livre contenant l'adresse de Méliès; j'étais juste un pâté de maison trop loin. Je suis donc retourné sur mes pas et j'ai pris des photos du 18, rue Jolivet.

Question.

Pour parler de votre livre, vous aviez donc des photos et vos illustrations; on va commencer par vos illustrations qui sont en noir et blanc et vous avez conçu le livre comme un film muet.

Exactement. Il y a à peu près cinq cent cinquante pages dont trois cents pages images; les parties de l'histoire se passent dans les illustrations parceque je voulais que l'histoire qui s'inspire du film muet se lise comme un film muet et je voulais des plans, des photos, des  images du film de Méliès et le livre inclut aussi des illustrations des dessins faits par Méliès lui-même. Je suis rentré en contact avec la famille de Méliès pour avoir l'autorisation de reproduire ces images. Sa petite fille Madeleine est toujours en vie et la famille travaille beaucoup à maintenir vivante la mémoire de Méliès. Mais lorsque je faisais des recherches sur la gare Montparnasse, j'ai trouvé une photo extraordinaire d'un train qui a traversé la gare, traversé une fenêtre et qui est tombé dans la gare Montparnasse; cet accident avait causé la mort d'une femme qui avait remplacé son mari dans son kiosque à journeaux ce jour là, le frein du train avait laché,  il avait quitté les rails, traversé xxxxxx et tombé sur le trottoir devant la gare. Lorsque j'ai vu cette photo je savais qu'il fallait l'inclure dans mon livre. L'histoire tourne autour d'un garçon qui vit caché dans les murs de la gare; son père était horloger des trains, des horloges, des machines, forment une partie importante de l'histoire. Une chose qu'il faut remarquer c'est que le fait d'avoir des photos comme des images de film donne un côté réel au livre. Je voulais donner l'impression que cette histoire aurait vraiment pu se produire.

Question.

Vos dessins en fait sont comme des plans de cinéma, c'est à dire qu'il y a des gros plans, des travelings, des plans larges.



Mon objectif est que lorsque vous aurez fini de lire, vous ne vous souviendrez pas quelle partie est écrite et quelle partie est image et j'ai voulu que dans l'esprit du lecteur il n'y ait qu'une seule histoire. Certaines personnes ont dit que lorsqu'il y a une série d'images dans le livre cela à l'air très silencieux parceque l'on n'entend plus les dialogues et j'aime ça parceque c'est une résonance comme dans le film muet.
Après une vie misérable à la gare Montparnasse, Méliès à été découvert par la communauté cinématographique française qui a fait un festival avec la projection de tous les films qui existaient encore de lui, alors qu'il était toujours en vie, de plus on lui a donné une maison , il avait donc un endroit pour vivre et de l'argent. Lorsque j'étais à Paris il y a quelques jours j'ai rencontré son arrière arrière arrière  petite fille Pauline qui m'a donné une lettre écrite par Méliès que personne n'avait jamais vue qui parle justement de son bonheur d'avoir été redécouvert  et de trouver le bonheur d'une meilleure vie. Ces peintres surréalistes ont fêté Méliès parce qu'ils ont vu aussi une connexion entre ce qu'il faisait du rêve et ce qu'ils faisaient eux des rêves.

Question.

Peut-être se serait bien que vous nous expliquiez un peu Bryan Selznick justement pourquoi Méliès est tombé dans la misère. Il a été victime de deux choses, la première guerre mondiale et les frères Lumière en fait, non ?

Méliès a inventé certains  des premiers effets spéciaux et les trucages au cinéma, mais il avait une façon très spéfique de travailler, la caméra était immobile et pour lui le cadrage de l'image était comme un plateau de théâtre, donc s'il avait besoin de déplacer un objet de part et d'autre de ce plateau; il le mettait sur un petit chariot et le faisait traverser. La plupart de ses films ont été fabriqués de cette façon. Il a inspiré de nombreux autres cinéastes qui eux ont trouvé de nouvelles façons d'utiliser la caméra d'une manière beaucoup plus intéressante pour le spectateur; on a réalisé que l'on pouvait prendre la caméra et courir avec dans les rues. Lorsque la première guerre mondiale est arrivée cela a perturbé les choses, le goût du public a changé et Méliès est devenu vieux jeu, il a brûlé tous ses décors et costumes, ses films ont été fondus pour faire des peignes, semelles de chaussures. Tout cela est relaté dans l'Histoire de Hugo Cabret. 

Question.

La fixion que vous faites est très belle, pleine de magie, de poésie, vous nous apprenez beaucoup de choses sur la propre histoire de Méliès en France.

Je pense qu'  xxxx serait plus intéressante, plus passionnante au sujet du film que va faire 
georges Scorsese, cela va inclure dans le film de vrais passages du film de Méliès. De fait, Méliès sera connu d'une nouvelle génération.

Question.

C'était la dernière question. Est-ce que vous ètes fier d'avoir contribué à la réhabilitation de Méliès dans le monde entier et qui va être porté à l'écran par Georges Méliès.

Oui, j'adore mon travail, mais quand je travaille, je ne sais pas si quelqu'un va lire ce que je suis en train de faire; je suis dans mon bureau tout seul, j'écris, je dessine et lorsque je travaillais sur Hugo  quelqu'un m'avait demandé ce que je faisais, j'ai donc répondu que j'étais en train de faire un livre sur le film muet français pour les enfants, on m'a répondu alors que c'était une idée atroce ça; et c'est bien vrai.
Mon éditeur m'avait dit, si le personnage principal et passionné par le film muet, le lecteur va le trouver passionnant ainsi je suis très heureux de constater que c'est effectivement le cas. Ce dont je suis fier c'est que des enfants, partout, ont pensé à regarder le film muet. J'entends parler maintenant de beaucoup d'enfants qui, dans leurs écoles, dans la ville, fabriquent des films muets. Je raconte souvent aux enfants qu'on m'avait dit que c'était une mauvaise idée de faire des films muets, ils ne sont pas contants du tout quand je raconte cela; ils répondent que bien sur ils aiment les films muets. je pense que le livre leur fournit un contexte pour le comprendre et la façon dont le film muet se raconte est parfait pour les enfants; il n'y a pratiquement pas de langage dedans et l'histoire se déroule de façon presque purement visuelle et ça c'est un langage que tout le monde peut  comprendre; donc la réponse est oui.

Question.

Est-ce que vous travaillerez avec Martin Scorsese sur l'adaptation cinématographique ou pas du tout ?

J'ai pu lire le scenario et j'ai pu ajouter des commentaires, mais bon cela ne va pas plus loin. Mais comme il s'agit de Scorsese qui probablement est un des plus grands cinéastes vivants et de son équipe avec qui il travaille depuis des décennies, je me sens assez rassuré sur le résultat. Lundi je me rends à Londres pour regarder la construction des décors parceque l'on recrée la gare Montparnasse à Londres.
Je vais ainsi voir les progrès faits et quelquefois dans l'année je m'y rendrais pour regarder le tournage du film.

Merci beaucoup Bryan Selznick. Avant que le film ne sorte on va lire évidemment votre livre qui est vraiment magnifique et ce sera intéressant justement, après avoir lu le livre, de voir comment il va être transposé au cinéma, c'est une autre sorte de magie.

B.S. En fait on espère faire un livre et un cite web sur le tournage et la réalisation du film, on verra les personnes choisies, la construction des décors, etc.

"L'histoire que je vais vous conter se déroule sous les toits de Paris en 1931 vous y  ferez la connaissance d'Hugo Cabret un garçon qui un jour découvrirt un mystérieux dessin; ce dessin allait changer à jamais le cours de sa vie. Ne tournez pas la page trop vite, imaginez d'abord que vous ètes assis dans le noir, comme au cinéma avant le début d'un film, sur l'écran le soleil se lèvera bientôt et un  zoom vous emmènera  à travers le ciel jusqu'à une gare située au coeur de la ville, vous franchirez les portes pour survoler le hall grouillant de monde et là parmi la foule, vous apercevrez un garçon qui se déplace dans la gare, suivez le bien car c'est Hugo Cabret la tête pleine de secrets il attend que l'histoire commence. De son perchoir derrière l'horloge, Hugo domine tout et observe, il caresse nerveusement le petit carnet qu'il a dans sa poche et s'encourage à la patience. Dans le kiosque à jouets le vieux se dispute avec la fille; elle a à peu près l'âge d'Hugo, il la voit souvent entrer dans la petite échoppe avec un livre sous le bras et disparaître derrière le comptoir. Le vieillard paraît agité aujourd'hui, s'est il aperçu qu'il lui manque des jouets, tant pis c'est trop tard, personne n'y peut rien, Hugo a besoin de ces jouets; le vieux et la fille se disputent un moment encore, enfin elle ferme son livre et part en courant".


  
Une Interview de Brian Selznick,  
animé
par Marie-Christine Fourneaux
animée par Marie-Christine Fourneaux 
à la Comédie du Livre de Montpellier le 30 mai 2010

 selznick_2_310
Bryan, vous vous intéressez de près à la magie, pourquoi, qu'est ce que cet univers vous apporte?
J'ai toujours aimé la magie mais en revanche je n'était pas très bon  magicien et j'essayais de faire toujours des tours de magie mais cela ne marchait jamais. Lorsque j'étais enfant j'ai appris l'existence du magicien Harry Houdini, un magicien américain qui a pris ce nom de Houdini  en souvenir du magicien français Robert Houdin et j'ai appris que le magicien Houdini savait sortir de n'importe quelle entrave dans laquelle il se trouvait et cette idée m'a beaucoup séduit. Dans mon premier livre il s'agissait d'un garçon qui voulait ressembler à Houdini; je pense donc que mon amour de la magie a commencé avec Houdini.

Vous avez écrit et illustré de nombreux livres, celui-ci "L'Invention d'Hugo Cabret" a obtenu de nombreux prix dont celui de la meilleure illustration, qui vous a été décerné par le New York Times et votre livre surtout est en cours d'adaptation au cinéma par Martin Scorsese. Comment avez-vous fait ?
Oui c'est vrai. Cette adaptation sera donc son prochain film.  Martin Scorsese étudie l'histoire cinématographique et le livre contient beaucoup de références au cinéma français. Lorsque j'ai commencé à écrire le livre, je ne savais pas grand chose du cinéma français mais pour faire le livre j'ai commencé à l'étudier. Je pense que c'est absolument passionnant que Scorsese célèbre le cinéma français de la façon dont j'ai voulu le faire dans mon livre. Son premier film pour enfants  sera ainsi un film en 3D. C'est passionnant de savoir comment il va utiliser cette nouvelle technique du 3D pour raconter une histoire au cinéma. L'un des films que j'ai regardé pour faire ce livre c'est un film de René Clair qui s'appelle "Sous lesToits de Paris"; René Clair était un directeur de films muets mais qui a été obligé de s'adapter à la nouvelle technique du film parlant et il a expérimenté le son d'une façon intéressante et je pense que  Scorsese va utiliser cette technique du 3D pour faire des expériences tout aussi intéressantes.

selznick_1_393Votre livre est un hommage aussi  et surtout à Georges Méliès, pourquoi ?
Le livre est basé sur la vie du grand cinéaste Georges Méliès dont j'ai vu  il y a très longtemps le film célèbre "Voyage dans la Lune" qui raconte l'histoire de la fusée qui voyage vers la Lune et qui atterrit dans l'oeil de l'homme de la lune; depuis longtemps je voulais faire un livre qui s'inspirait de l'homme qui a fait ce film; j'ai donc fait des recherches sur la vie de Méliès et j'ai découvert qu'il vivait à Paris et qu'à la fin de sa vie il était désargenté, qu'il avait été obligé de travailler dans un kiosque à jouets dans la gare Montparnasse, où il  avait toute une série d'automates qui après sa mort ont été détruits; lorsque j'ai su ça j'imaginais un garçon qui fouillait les poubelles pour retrouver une de ces machines et c'est comme ça que l'histoire a commencé. C'est ainsi que les références au film de Méliès se trouvent tout au long du livre et que l'histoire du livre évolue autour des vraies histoires de la vie de Méliès.

 
Vous vous ètes baucoup documenté sur la vie de Georges Méliès pour écrire ce livre, comment vous ètes-vous documenté ?
J'ai lu autant de livres que possible sur la vie de Méliès et j'ai regardé autant de films de lui que j'ai pu; il en a fait à peu près cinq cents qui durent entre une et dix minutes et il y en a encore à peu près deux cents qui existent encore et récemment on a sorti un DVD, avec tous ses films, que j'ai regardé. Je suis venu à Paris trois fois lorsque je travaillais sur le livre et j'ai trouvé l'adresse exacte de son habitation à Montparnasse; donc quand Hugo se rend à la maison de Méliès c'est la vraie maison de Méliès.

Rue Jolivet à Paris, y-a-t-il une plaque commémorative indiquant la maison dans laquelle Georges Méliès à vécu ? 
L'orsque je suis allé dans un premier temps à Montparnasse, je voulais connaître le quartier où il avait vécu, mais Montparnasse est la seule gare ferroviaire à Paris qui a été détruite et de ce fait la gare Montparnasse qui est décrite a pris exemple sur d'autres gares et des photos que j'ai trouvées. Quand j'y suis allé dans un premier temps je ne connaissais pas son adresse,  je me suis posté à l'endroit où il y avait eu la gare et j'ai avancé dans la zone résidentielle. Je me suis promené jusqu'à ce que je tombe sur une maison qui avait l'air de ressembler à la maison qu'habitait Georges Méliès et je me suis arrêté pour prendre des photos. Coïncidence c'est que le lendemain je me rends dans une librairie où je trouve un livre contenant l'adresse de Méliès; j'étais juste un pâté de maison trop loin. Je suis donc retourné sur mes pas et j'ai pris des photos du 18, rue Jolivet.
 
montparnasse_370Pour parler de votre livre, vous aviez donc des photos et vos illustrations; on va commencer par vos illustrations qui sont en noir et blanc et vous avez conçu le livre comme un film muet.
Exactement. Il y a à peu près cinq cent cinquante pages dont trois cents pages images; les parties de l'histoire se passent dans les illustrations parceque je voulais que l'histoire qui s'inspire du film muet se lise comme un film muet et je voulais des plans, des photos, des  images du film de Méliès et le livre inclut aussi des illustrations des dessins faits par Méliès lui-même. Je suis rentré en contact avec la famille de Méliès pour avoir l'autorisation de reproduire ces images. Sa petite fille Madeleine est toujours en vie et la famille travaille beaucoup à maintenir vivante la mémoire de Méliès. Mais lorsque je faisais des recherches sur la gare Montparnasse, j'ai trouvé une photo extraordinaire d'un train qui a traversé la gare, traversé une fenêtre et qui est tombé dans la gare Montparnasse; cet accident avait causé la mort d'une femme qui avait remplacé son mari dans son kiosque à journaux ce jour là, le frein du train avait laché,  il avait quitté les rails, traversé la gare et avait fini sa coursesur le trottoir. Lorsque j'ai vu cette photo je savais qu'il fallait l'inclure dans mon livre. L'histoire tourne autour d'un garçon qui vit caché dans les murs de la gare; son père était horloger des trains, des horloges, des machines, forment une partie importante de l'histoire. Une chose qu'il faut remarquer c'est que le fait d'avoir des photos comme des images de film donne un côté réel au livre. Je voulais donner l'impression que cette histoire aurait vraiment pu se produire.
 
Vos dessins en fait sont comme des plans de cinéma, c'est à dire qu'il y a des gros plans, des travelings, des plans larges.
Mon objectif est que lorsque vous aurez fini de lire, vous ne vous souviendrez pas quelle partie est écrite et quelle partie est image et j'ai voulu que dans l'esprit du lecteur il n'y ait qu'une seule histoire. Certaines personnes ont dit que lorsqu'il y a une série d'images dans le livre cela à l'air très silencieux parceque l'on n'entend plus les dialogues et j'aime ça parceque c'est une résonance comme dans le film muet. Après une vie misérable à la gare Montparnasse, Méliès à été découvert par la communauté cinématographique française qui a fait un festival avec la projection de tous les films qui existaient encore de lui, alors qu'il était toujours en vie, de plus on lui a donné une maison , il avait donc un endroit pour vivre et de l'argent. Lorsque j'étais à Paris il y a quelques jours j'ai rencontré son arrière arrière arrière  petite fille Pauline qui m'a donné une lettre écrite par Méliès que personne n'avait jamais vue qui parle justement de son bonheur d'avoir été redécouvert  et de trouver le bonheur d'une meilleure vie. Ces peintres surréalistes ont fêté Méliès parce qu'ils ont vu aussi une connexion entre ce qu'il faisait du rêve et ce qu'ils faisaient eux des rêves.

Peut-être se serait bien que vous nous expliquiez un peu Bryan Selznick justement pourquoi Méliès est tombé dans la misère. Il a été victime de deux choses, la première guerre mondiale et les frères Lumière en fait, n'est-ce pas ?
Méliès a inventé certains  des premiers effets spéciaux et les trucages au cinéma, mais il avait une façon très spéfique de travailler, la caméra était immobile et pour lui le cadrage de l'image était comme un plateau de théâtre, donc s'il avait besoin de déplacer un objet de part et d'autre de ce plateau; il le mettait sur un petit chariot et le faisait traverser. La plupart de ses films ont été fabriqués de cette façon. Il a inspiré de nombreux autres cinéastes qui eux ont trouvé de nouvelles façons d'utiliser la caméra d'une manière beaucoup plus intéressante pour le spectateur; on a réalisé que l'on pouvait prendre la caméra et courir avec dans les rues. Lorsque la première guerre mondiale est arrivée cela a perturbé les choses, le goût du public a changé et Méliès est devenu vieux jeu, il a brûlé tous ses décors et costumes, ses films ont été fondus pour faire des peignes, semelles de chaussures. Tout cela est relaté dans l'Histoire de Hugo Cabret. 


Etes-vous fier d'avoir contribué à la réhabilitation de Méliès dans le monde entier et qui va être porté à l'écran par Georges Méliès.
Oui, j'adore mon travail, mais quand je travaille, je ne sais pas si quelqu'un va lire ce que je suis en train de faire; je suis dans mon bureau tout seul, j'écris, je dessine et lorsque je travaillais sur Hugo  quelqu'un m'avait demandé ce que je faisais, j'ai donc répondu que j'étais en train de faire un livre sur le film muet français pour les enfants, on m'a répondu alors que c'était une idée atroce ça; et c'est bien vrai. Mon éditeur m'avait dit, si le personnage principal est passionné par le film muet, le lecteur va le trouver passionnant ainsi je suis très heureux de constater que c'est effectivement le cas. Ce dont je suis fier c'est que des enfants, partout, ont pensé à regarder le film muet. J'entends parler maintenant de beaucoup d'enfants qui, dans leurs écoles, dans la ville, fabriquent des films muets. Je raconte souvent aux enfants qu'on m'avait dit que c'était une mauvaise idée de faire des films muets, ils ne sont pas contants du tout quand je raconte cela; ils répondent que bien sur ils aiment les films muets. je pense que le livre leur fournit un contexte pour le comprendre et la façon dont le film muet se raconte est parfait pour les enfants; il n'y a pratiquement pas de langage dedans et l'histoire se déroule de façon presque purement visuelle et ça c'est un langage que tout le monde peut  comprendre; donc la réponse est oui.
 
Est-ce que vous travaillerez avec Martin Scorsese sur l'adaptation cinématographique ou pas du tout ?
J'ai pu lire le scenario et j'ai pu ajouter des commentaires, mais bon cela ne va pas plus loin. Mais comme il s'agit de Scorsese qui probablement est un des plus grands cinéastes vivants et de son équipe avec qui il travaille depuis des décennies, je me sens assez rassuré sur le résultat. Lundi je me rends à Londres pour regarder la construction des décors parceque l'on recrée la gare Montparnasse à Londres.Je vais ainsi voir les progrès faits et quelquefois dans l'année je m'y rendrais pour regarder le tournage du film.
 
Merci beaucoup Bryan Selznick. Avant que le film ne sorte on va lire évidemment votre livre qui est vraiment magnifique et ce sera intéressant justement, après avoir lu le livre, de voir comment il va être transposé au cinéma, c'est une autre sorte de magie.
En fait on espère faire un livre et un cite web sur le tournage et la réalisation du film, on verra les personnes choisies, la construction des décors, etc.
 
usaRecherche
 
usaNewsletter
 
usaMembres USA-Decouverte ?
 
  Facebook Twitter
 
Voitures ~
 
Vols ~